6e Table ronde Jardin : Préparer le jardin de demain

Le monde du jardin ne cesse d’évoluer. Les changements législatifs, les modifications climatiques ou encore la formation des jeunes sont autant d’enjeux déterminants pour ce marché. Autour de cette table ronde 2020, ses acteurs sont venus échanger et trouver des solutions pour continuer à le faire vivre.

Chapitre 1 : Conjoncture

Philippe Méchin (Bricomag) : Bonjour, je suis Philippe Méchin, spécialiste des reportages internationaux, au sein du groupe. Je remplace Marie-José Nicol qui est sérieusement souffrante. Ayons une petite pensée pour elle, et souhaitons-lui un prompt rétablissement.

Patrick Glémas (Bricomag) : Bonjour, je suis Patrick Glémas. Je suis journaliste free-lance et je collabore régulièrement avec le magazine. Je vais co-animer cette table ronde avec Philippe Méchin à la place de Marie-José Nicol. Le débat est ouvert. Nous allons commencer par la conjoncture avec les Échos études. Sabrina Tiphaneaux (Les échos études) : Je vais vous présenter un premier bilan de l’année 2019, sur le marché du jardin. Il s’agit d’un cumul, jusqu’à fin novembre. Nous aurons une vision claire du marché, sur l’année. Concernant la méthode, les chiffres présentés portent sur le périmètre des jardineries, LISA, GSA, GSB et excluent donc le e-commerce et les spécialistes motoculture. Nous intègrerons ces deux circuits lors du bilan définitif, qui sera présenté le 25 mars, lors de la convention Promojardin. Abordons le climat et la conjoncture qui ont eu une incidence sur le marché en 2019. Concernant les températures, sur les onze premiers mois de l’année, neuf étaient au-dessus des normales. Si l’année a été chaude, elle fut aussi très sèche, avec un déficit pluviométrique permanent, à l’exception du dernier trimestre. 2019 est la troisième année la plus chaude depuis le début du XXe siècle. Par ailleurs, la croissance devrait être autour de 1,3 % du PIB, largement soutenue par la demande intérieure. L’indice de confiance des ménages atteint le niveau historique de 106. Enfin, le marché du jardin profite du dynamisme du marché de l’immobilier, notamment le marché individuel, là où il y a des jardins. Sur le périmètre présenté, le marché du jardin devrait arriver à une croissance de près de 3 %, essentiellement grâce aux mois de février et mars, en profitant du rattrapage d’un très mauvais début de saison 2018. Cela concerne presque toutes les familles de produits. Seuls les produits de jardin finissent en retrait à -1 %, ce qui est une bonne performance pour une famille chahutée d’un point de vue réglementaire. Il y a deux moteurs de croissance en 2019. Il s’agit d’abord du végétal, en particulier le végétal d’extérieur, qui progresse de plus de 4 % cette année, et de l’aménagement extérieur qui progresse de 8 %, profitant de la météo. La croissance est partagée par l’ensemble des circuits, à l’exception des GSA, pénalisées par les loisirs au jardin, qui réalisent une année stable. Les végétaux d’extérieur sont surtout portés par la pépinière, le potager et une très bonne performance de semences de gazon. Les végétaux d’intérieur poursuivent leur croissance à +4 %, constante depuis maintenant trois ans. Les fleurs coupées, qui ne sont pas intégrées dans le périmètre global, progressent de 2 %. Sur les autres familles, l’entretien du jardin est à -1 %, l’outillage à main à +2 % et la motoculture est à +1 %, toutefois sans les spécialistes. Dans l’univers de la décoration, les contenants, cache-pot et accessoires progressent de 5 % profitant de la croissance du végétal, et la décoration extérieure de 1 %. L’aménagement extérieur fait une très belle performance à +8 % avec un effet de rattrapage et de très bonnes conditions météo. Je finis ce tour d’horizon avec les loisirs au jardin. Il s’agit d’une petite déception, puisque le marché est stable, avec deux mois compliqués en fin de printemps, pénalisant les GSA ; mais les jardineries ressortent en croissance.

Patrick Glémas (Bricomag) : Val’hor, la progression des végétaux, n’est-ce pas rassurant pour vous ?

Aline Haeringer (Val’Hor) : Nous avons des tendances différentes de celles des Echos Etudes selon les marchés. Ce n’est pas étonnant car le périmètre que nous étudions n’est pas le même que celui des Échos Études et nous nous basons sur un panel de consommateurs et donc sur du déclaratif. Cela représente plusieurs avantages, car nous pouvons connaître le panier moyen ou les caractéristiques sociodémographiques du foyer acheteur, mais il peut y avoir parfois des erreurs ou oublis du consommateur. Des analyses approfondies permettent toutefois de corriger beaucoup d’erreurs. De plus, le panel consommateurs permet de connaître le marché des végétaux pour tous les lieux d’achat. Nous avons des chiffres pour les 9 premiers mois de 2019. Pour les végétaux d’intérieur, nous sommes à +5 %, et -4 % pour les végétaux d’extérieur, en intégrant le potager, mais sans le deuil. Pour l’ensemble du marché des végétaux, comprenant l’ornement, le deuil, le potager, nous sommes à -1 % en sommes dépensées, par rapport à la même période en 2018. Concernant les lieux d’achat, les fleuristes font -12 %, les jardineries -5 %, la grande distribution +3 %, les producteurs -13 %.

Les aménagements extérieurs

Patrick Glémas (Bricomag) : Lafuma Mobilier doit être content des chiffres de la décoration et de l’aménagement extérieur.

Arnaud Du Mesnil (Lafuma Mobilier) : Effectivement, nous avons une croissance à 4 %, avec une part importante à l’international. La jardinerie fonctionne bien, avec deux axes clés. D’abord la garantie 5 ans sur tous nos produits, qui démontre aux consommateurs la volonté de durabilité dans laquelle s’inscrit la marque. Puis, notre travail de style et d’accessoirisation au travers de nos gammes coussins et tapis d’extérieur. Cela renforce notre désirabilité.

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