Construction Tech : Vers un avenir 100 % connecté

On peut dire que 2020 commence plutôt bien en matière de nouvelles technologies. A l’occasion d’une conférence de presse, Construction Tech a dévoilé les tendances émergentes du CES Las Vegas, notamment le marché de la Smart City dans notre société. De plus, les résultats de son étude ont été publiés. La Smart City est-elle le business de demain ? Va-t-elle dépasser le marché du Smart Home ?

Construction Tech a été lancée en 2018 grâce à Batimat et au Gimélec. Cet écosystème a pour ambition de connecter l’ensemble des acteurs du bâtiment, des travaux publics, de l’architecture et de l’immobilier entre eux. « Nous nous sommes créés suite à une démarche entreprise en co-fondation avec Gimélec. Notre objectif est de promouvoir les nouvelles technologies », explique Guillaume Loizeaud, Directeur de l’Observatoire de la Construction Tech. Avec l’Observatoire de la Construction Tech, les professionnels sont accompagnés en ce qui concerne la transformation digitale mais aussi, plus généralement, l’industrialisation. « Cette année, nous sommes fiers de vous présenter la 4e étude de l’Observatoire relative au marché de la Smart City », complète Guillaume Loizeaud.

La Grande Technologie : bientôt un membre de votre famille ?

« Comme chaque année, nous nous sommes rendus au CES de Las Vegas pour découvrir les nouvelles avancées en matière de nouvelles technologies », annonce François Xavier Jeuland, de Smart Building Alliance. A l’issue de ce salon international, 5 grands axes ont attiré l’œil des professionnels. Lorsque l’on parle de commande vocale, le consommateur pense directement à l’enceinte Alexa. « Avant, c’était un luxe de se payer un objet connecté. Aujourd’hui posséder ne serait-ce qu’une enceinte à commande vocale est devenu presque nécessaire », constate Guillaume Demonet, Chargé de veille pour Reed Expo. En effet, les offres d’objets connectés avec commande vocale étaient très présentes au CES. Mais le progrès ne s’arrête pas là ; par exemple, Kohler Maxie révolutionne la manière de prendre sa douche avec un pommeau connecté. Un autre constat a été fait : les fabricants établissent de plus en plus de partenariats. Une manière pour le client futur de choisir les plates-formes qu’il connait. « Par exemple Enki, une tablette de Leroy Merlin, a intégré Google Assistant et Alexa dans son produit », développe François Xavier Jeuland. Une véritable prolifération des objets connectés peut alors s’observer. Aujourd’hui, il existe de multiples façons de commander sa maison. « On peut espérer que la décennie 2020 serve de maturation pour les objets connectés », ajoute-t-il. L’Intelligence Artificielle (IA) fut un grand thème transversal de ce CES. « Peu importe où vous étiez dans le salon, l’IA était représentée », affirme Guillaume Demonet. Avec cette rapide expansion, les fabricants cherchent à obtenir le meilleur algorithme possible pour se différencier. Par exemple, Viaroom a mis au point une IA qui détecte et configure les IoT présents dans un foyer. « Cet appareil va observer les routines de vie des habitants pour pouvoir se créer des scénarios », commente François Xavier Jeuland. Cependant, une valeur est à prendre en compte, celle de la collecte des données. Il est important, pour le consommateur, de garder une certaine vie privée sur ses données collectées. A ce sujet, Apple a fait sa première apparition au CES.
« Nous avons pu identifier de nouveaux axes de croissance en ce qui concerne la Smart Home. Le marché tend à se transformer en Smart Home de Masse », déclare Guillaume Demonet. Tous les grands acteurs technologiques proposaient ce genre de solution, que l’on appelait auparavant domotique. En 2021, tous les logements en seront peut-être équipés, et donc connectés. 2 axes principaux sont alors ressortis. L’un est la sécurité, notamment tout ce qui est caméras, capteurs, serrures, etc. « Pour rassurer le consommateur, il faut qu’il y ait des objets physiques. Je parle principalement des serrures connectées. Il faut aussi que l’appareil ne fonctionne pas avec le Cloud, ce qui peut être utile en cas de panne ou de cyber-attaque », confie François Xavier Jeuland. L’autre concernait la gestion de la consommation, celle en électricité a été multipliée par 4.
Un nouveau marché grand public, celui de la sérénité était également sur place. Il offre un large choix de robots en matière de santé, de sommeil ou encore de qualité de l’air. « Cette année, il y avait un espace dédié aux personnes âgées. Une idée un peu contradictoire avec les produits évoqués précédemment », analyse François Xavier Jeuland. Autre chose, le Green Tech devient de plus en plus à la mode.
De plus, la mobilité connectée, omniprésente, est l’un des enjeux des 10 prochaines années. « Beaucoup d’offres de 5G ont été exposées lors du CES. Mais nous avons été déçus par leur espace dédié à la mobilité. Il est peut-être encore un peu tôt pour la Smart City », affirme François Xavier Jeuland.

Résultats Etude Observatoire

Cette 4e étude de l’Observatoire de la Construction Tech a identifié 3 axes majeurs, principalement pour ce qui est de la Smart City. Le premier est l’analyse du marché des véhicules électriques et connectés mais aussi de ses perspectives. « Aujourd’hui, les ventes de ces voitures ne constituent que 2 % du chiffre des ventes automobiles. En 2022, les experts Xerfi, estiment cette donnée à 9 %. Ce qui représente 260 000 véhicules », détaille Guillaume Loizeaud. Une croissance qui sera portée par la nouvelle règlementation sur l’émission moyenne de carbone, fixée à 95 g/km en Europe. En parallèle, le nombre de ventes de véhicules 100 % électriques a été multiplié par 3 au cours des 3 dernières années. Le cap des 30 000 unités a été franchi. De plus, en 2018 on enregistrait 2,5 millions de véhicules connectés, c’est-à-dire équipés d’internet et d’un système de communication embarqué. « D’ici 2/3 ans, toutes les voitures seront connectées, ce qui représenterait 16 % du parc automobile en 2021 », conclut Guillaume Loizeaud.
Le second concerne les usages et les opportunités de business entre les véhicules connectés et l’univers de la construction. Tout d’abord, le véhicule to grid permet des échanges entre la voiture et le bâtiment à partir d’une installation photovoltaïque. « Aujourd’hui, la France compte 46 000 installations de ce genre », complète-t-il. Toujours dans cette même dynamique, les IoT prennent du terrain dans les logements et bientôt dans les voitures. « Les véhicules deviendront la partie mobile de la maison », constate-t-il.
Enfin, le troisième axe établit la liste des défis émergents pour les acteurs de la construction. Il existe de nombreux freins à ce secteur en plein essor. Néanmoins, certains peuvent lui être bénéfiques comme, par exemple, l’amélioration du temps de charge du véhicule, tandis que d’autres peuvent être traités par les acteurs de la construction. Il y a aussi une opportunité, pour les acteurs de la construction, de travailler avec des gens comme des constructeurs automobiles, mais aussi des spécialistes des bornes de recharges, de batteries, etc. Pour que tout se passe le mieux possible, il est important de bien anticiper les mutations de la chaîne de valeur.

Alors que nos voisins américains sont prêts pour ces innovations du monde de demain, la France doit, quant à elle, continuer de s’y préparer. Si l’on va trop vite, l’Humain ne suivra pas.