Premier Tech : Entretien avec Guillaume Roth

Grosse PME québécoise, Premier Tech fêtera son centenaire en 2023. Son aventure en France démarre en 2013 avec le rachat de Falienor, producteur de substrats de cultures installé à Vivy (49). En 2015, c’est Cenfora, l’activité d’écorces de pin de Smurfit Kappa Comptoir du Pin installée à Aubigné-Racan (72), qui est acquise. Son dernier rachat, Star (Société des terreaux et amendements rochelais), à Forges d’Aunis (17) s’est fait en 2019. Ces trois unités vivaient, jusqu’à maintenant, leurs propres vies.

«Mon rôle est de réunir ces trois PME françaises en une structure unique dans le cadre d’un groupe nord-américain, explique Guillaume Roth, arrivé mi-janvier et Directeur général de Premier Tech Producteurs et Consommateurs, nouveau nom de l’entreprise. J’ai la charge d’être un facilitateur d’intégration pour accompagner ce changement culturel. L’idée est de garder ce qui a fait la réussite de ces sociétés en y ajoutant une culture d’entreprise ». Notre homme a une bonne expérience des groupes américains pour assurer cette tâche.
Le groupe, qui est très lié à la France, vient de créer une filiale Europe-Moyen Orient-Afrique (EMEA) dont le siège est à Vivy. « Nous avons des ambitions européennes et au-delà, mais nous nous donnons le temps de faire les choses, poursuit Guillaume Roth, qui la dirige. Nous voulons développer à la fois les marchés professionnels et grand public pour devenir un acteur majeur sur ce marché ». Un challenge qui s’appuie sur de solides bases techniques acquises en France et au Québec.
Premier Tech a une longue expérience derrière elle. Elle démarre son activité au Québec avec la distribution de tourbe en vrac aux professionnels. Désirant ensuite la vendre en sacs, elle développe ses propres machines et l’usine qui va avec pour les construire. Aujourd’hui, elle fabrique et vend des ensacheuses automatiques à un large panel d’activités, dont la nutrition humaine et animale.
Prenant conscience que la tourbe n’était pas éternelle, l’entreprise s’est mise à la recherche d’un produit de remplacement. Elle s’intéresse à la fibre de coco pour l’intégrer dans ses substrats. Premier Tech se rend compte que c’est aussi une bonne base de filtration naturelle pour les eaux usées. Fidèle à sa politique, la société crée une activité spécifique pour fabriquer des filtres destinés aux collectivités et aux particuliers.
Faisant toujours preuve d’esprit pionnier, Premier Tech a développé ses propres outils digitaux pour améliorer la productivité de ses usines. Fort de leur efficacité, elle les propose dorénavant à d’autres entreprises au travers d’une nouvelle entité créée pour l’occasion. « Le groupe a la volonté de faire le tour complet d’un sujet pour elle-même, précise Guillaume Roth. Ensuite, elle met ses solutions à la disposition des autres ». L’horticulture reste la première activité de Premier Tech. Elle a su innover en enrichissant ses substrats avec des mycorhizes. En France, l’entreprise est bien implantée sur les marchés professionnels. « Nous avons de grosses ambitions dans le maraîchage, indique le nouveau Directeur général. Nous allons mettre en avant des sacs à fraises contenant du terreau enrichi et notre terreau pour mottes ».
Les produits destinés au grand public sont l’autre axe de développement. « L’entreprise a plus travaillé en sous-traitant pour des confrères que sous ses marques propres, reconnaît Guillaume Roth. Pourtant, nous avons des produits à forte valeur ajoutée. Nous allons conforter cette activité pour fournir les jardiniers amateurs ». Premier Tech compte s’appuyer sur le travail fait en France et sur l’expérience acquise au Canada où des marques et des gammes complètes sont déjà proposées.
Fort d’un CA de 600 M€ environ, le groupe connaît une forte croissance. « Elle est de plus de 10 % par an depuis 30 ans, confie Guillaume Roth. Le groupe est présent dans 27 pays et il possède 46 usines dans 16 pays. Son développement est pensé à long terme puisque nous travaillons déjà sur l’horizon 2027. En France, plus de la moitié de notre CA se fait sur le marché professionnel. A terme, nous voulons développer le marché grand public. Nous sommes en train d’écrire notre nouvelle stratégie ». Affaire à suivre.