Batimat 2019 : Des fissures dans l’édifice ?

L’édition 2019 du triptyque Batimat, Ideobain, Interclima, renommée désormais Mondial du bâtiment a-t-elle été la réussite affichée par ses organisateurs ? Au vu des résultats officiels, le nombre de visiteurs a pourtant clairement chuté par rapport à l’édition précédente. Il faut cependant bien comprendre que tous les salons, professionnels ou non, enregistrent une baisse de fréquentation dans tous les pays du monde à de très rares exceptions près. Les raisons sont multiples et les énumérer ne changera rien à la situation. Néanmoins, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Les rendez-vous de ce type doivent se réinventer, ils le savent. De plus et quoi que l’on puisse en penser rien, ne remplace le contact entre les hommes et les produits et tout laisse à penser que ce n’est pas demain qu’ils disparaitront, n’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure.

Cependant, il est vrai que le développement du digital a changé la donne, ce serait mentir que de dire le contraire. Mais ce n’est pas la seule explication. Ce serait trop facile, surtout sur des salons de ce type, intégrant un nombre important de corps de métiers qui ne sont pas tous logés à la même enseigne en termes de stratégies. Si d’aucuns restent fidèles à ce type de manifestations, d’autres font des choix différents. Certains décident de rester à la maison pour des raisons qui leur sont propres, que ce soit pour des raisons de politique commerciale spécifique ou d’orientations budgétaires. Et en l’espèce, les options possibles sont nombreuses. Il en est une qui n’est surtout pas à négliger, ce sont les salons d’enseigne qui incitent aimablement leurs fournisseurs à s’y rendre afin de présenter leurs nouveautés et innovations. Il faut bien savoir que lesdites enseignes se déplacent aussi sur les salons, mais concentrations obligent, n’envoient plus des régiments entiers d’acheteurs. Enfin, signe des temps, on ne vient plus se promener sur un rendez-vous de ce type, y flairer l’air du temps et observer les tendances. Cette époque est révolue. Néanmoins ceci a un avantage puisqu’il permet de rendre le visitorat beaucoup plus qualitatif qu’il ne l’était dans le passé. Nous n’irons pas plus loin dans ce diagnostic, qui n’est qu’un point de vue parmi tant d’autres. Les grands organisateurs sont bien au fait des transformations et de l’avenir de leur métier.
Revenons donc plus précisément sur le sujet qui nous intéresse, à savoir cette édition passée de ce mondial du bâtiment, et tentons d’en voir les points positifs et surtout les enjeux, car s’il est bien un rendez-vous à enjeux, c’est bien celui-là, connaissant le poids colossal de la filière dans la santé de l’économie, d’autant plus qu’elle est soumise à mille et un changements.

Urgence et précipitations

Tous ces sujets sont d’une telle importance que le gouvernement s’est déplacé en masse avec la venue de pas moins de quatre ministres et secrétaires d’État en la personne de Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, Emmanuelle Wargon, Brune Poirson et Agnès Pannier-Runnacher, rien que cela. C’est dire l’attention extrême attachée par l’Etat à ce secteur en pleine mutation. Il est vrai que la poussée des exigences environnementales ne cesse de progresser, et le phénomène, qui n’est pas près de s’arrêter, bouleverse la profession comme jamais. Il faut dire en plus que toute cette génération de jeunes ministres et secrétaires d’État aux commandes de notre pays aurait tendance à pratiquer la surenchère mettant des pans de la profession en difficulté comme le transport et le traitement des déchets via une pression que les acteurs concernés ont du mal à comprendre donc à supporter. Il est vrai que l’urgence est devenue le mot d’ordre dans bien des domaines depuis que ce mot est apparu ici et là, comme si tout devait se faire dans la précipitation face à un phénomène de réchauffement climatique martelé comme un mantra. Certes, il n’est pas de notre propos de le contester, tel n’est pas notre sujet dans ce compte rendu du salon, mais il apparaît qu’un peu plus de mesure ne ferait de mal à personne. Quoi qu’il en soit, la filière n’a d’autre choix que de faire avec, comme elle est obligée de composer avec les nouvelles exigences auxquelles devront se soumettre la quasi-totalité des professionnels du secteur, au risque de disparaître.
Mais que l’on se rassure, nous n’en sommes pas là et les acteurs des métiers du bâtiment, mais aussi de la climatisation et de la salle de bains ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot, ce qui finalement rassure bien plus qu’une baisse de fréquentation du salon. Les visiteurs ont pu ainsi le vérifier sur place. Ils ont notamment pu également constater que le salon reste un événement de référence des secteurs du bâtiment, de la construction et de l’architecture, via les quelque 2 300 exposants venus avec armes et bagages présenter les solutions innovantes qui préparent l’avenir et son déploiement dans le futur. On y a beaucoup échangé autour des problématiques à propos des grandes tendances déjà présentes lors de l’édition 2017, fortement soutenues par les évolutions de réglementation type RT 2020, par des transformations d’usage comme la quasi-généralisation de la digitalisation, des prises de conscience plus généralisées dans le domaine du développement durable, ou encore l’économie circulaire A noter cependant que tous les acteurs de la profession n’ont pas attendu la précipitation de cette noria de membres du gouvernement pour prendre action.

Trois temps forts

Ces 5 jours du salon se sont déroulés autour de trois temps forts. Le premier avait pour mission d’appréhender le bâtiment et la mobilité comme un couple au centre des enjeux de la ville de demain. Il est clair que les villes et territoires sont en perpétuelle évolution. La mobilité devient électrique, autonome, connectée voire partagée. En parallèle, elle fait toujours face à des problèmes bien connus comme l’engorgement des transports, l’étalement urbain et la lutte contre l’isolement de certaines régions. Le bâtiment s’adapte donc aux challenges de la mobilité. Ce couple d’un nouveau genre dessine ce que sera la ville de demain, dans la mesure où leur interaction permettra de régler les problèmes de la vie dans nos cités urbaines. Ces solutions sont d’ores et déjà expérimentées à différents niveaux de maturité. Néanmoins, vu les conditions de trafic actuelles, il y a encore du travail. Le second passe par la nécessité d’inventer de nouveaux types de logements. La démographie évolue dans le temps non seulement de manière quantitative, mais aussi qualitative : les générations se distinguent par leurs mœurs, leur mode de vie, et donc leur rapport à l’habitat. Les individus ont tous des attentes différentes que ce soit en termes de confort, de surface, de fonctionnalités, mais aussi d’accessibilité, de prix. Par ailleurs, ces attentes ne sont pas figées, les personnes changent en fonction de nombreux paramètres, carrière, famille, âge, alors que le logement reste lui souvent le même. Celui-ci est encore souvent pensé comme un espace rigide, servant une fonction particulière et définie pour la totalité de sa durée de vie. A contrario, plusieurs courants se développent pour briser cette approche et permettre au bâtiment, et particulièrement au logement, de s’adapter à ses occupants et aux usages qu’ils en feront. Dès la conception, ou par la réhabilitation, il est pensé comme un espace flexible, modulable, adaptable, pouvant évoluer selon l’usage qui lui est demandé. Le troisième volet de ces temps forts passe par l’adaptation par la présence accrue des nouvelles technologies et par plus de connectivité. Le monde de l’entreprise s’accorde sur la nécessité de la transition numérique. Loin d’être un phénomène de mode, c’est à la fois une opportunité et une contrainte : une opportunité en termes de compétitivité et d’opportunités, grâce à l’analyse de données, et une contrainte. Elle provoque en effet de fortes mutations, allant jusqu’à changer radicalement le fonctionnement d’un marché. Le modèle des taxis, remplacés par les VTC, est si emblématique qu’on parle aujourd’hui d’uberisation pour qualifier les phénomènes similaires. La transformation digitale n’est pas limitée à l’univers des entreprises et des services. L’ensemble de la société est chaque jour davantage connecté avec plus d’interfaces (smartphones, tablettes, enceintes), plus de fonctions (gestion à distance des équipements, géolocalisation, accès aux services), et toujours plus rapidement, avec l’arrivée proche de la 5G. Le bâtiment n’échappe donc pas non plus à la transformation numérique, il est de plus en plus connecté, et offre davantage de fonctions contrôlées à distance ou même automatisées. On parle aujourd’hui de Smart Building et de Smart Home. La définition de “smart” ne s’arrête pas d’ailleurs à l’installation d’un ou plusieurs équipements connectés dans un bâtiment traditionnel. Un Smart Building est doté d’une infrastructure dédiée (raccordement au réseau, facilitant la circulation des données à l’intérieur comme vers l’extérieur tout en assurant leur sécurité), et abritant des équipements connectés. Ces équipements répondent à de nombreux cas d’usages, des besoins de l’occupant, qui se développent et se multiplient toujours plus rapidement, induits par des innovations technologiques et la simplification des commandes par les plateformes numériques. Le secteur de la construction fait donc face à un véritable challenge : connecter les bâtiments et suivre l’évolution rapide des cas d’usages pour adapter ses offres. Si le marché du neuf est déjà fortement imprégné par la transformation digitale, c’est moins le cas pour celui de la rénovation, qui doit pourtant élever et mettre à jour les fonctionnalités de l’habitat ancien aux standards de consommation énergétique et de connectivité. Et ceci ne sera pas une mince affaire dans la mesure où le consommateur aura tôt ou tard l’obligation de mettre la main au portefeuille, et pour l’instant il est loin d’être prêt, tant s’en faut. Il n’en reste pas moins vrai que la connectivité et les nouvelles technologies ont été un des pôles essentiels d’attraction du salon en mettant l’accent sur les différentes technologies (voix, IA, 3D…) qui changent l’utilisation des habitations. A noter dans cet environnement que le salon a lancé un nouveau secteur nommé Construction Tech° en partenariat avec le GIMELEC afin d’accompagner tous les professionnels dans la transformation digitale et l’industrie du secteur. Ceci s’est traduit par un espace de 4 500 m2, lequel était situé dans l’inter passage des halls 5A et 6, avec la présence de 100 start-ups du bâtiment, de l’immobilier et de la ville, un espace et des animations en partenariat avec Impulse Partners, un village R2S doté également d’animations en coopération avec SBA. D’autre part le démonstrateur Construction Tech avec quelque 70 start-ups et plus de quarante visites à destination des maîtres d’ouvrage a rassemblé sur 500 m2 l’offre la plus large et la plus complète en termes de solutions à destination de la digitalisation.

Redoutable RE2020

Le niveau d’exigence de la prochaine RE2020 ainsi que la mise en œuvre de la Loi ELAN qui prévoit de faire des bâtiments neufs des “puits de carbone” détermineront largement les solutions de structure, de gros œuvre, d’aménagement intérieur qui seront retenues en construction neuve dans 18 mois. En attendant d’être fixés, les acteurs du bâtiment ont pour diverses raisons, déjà entamé le mouvement vers une réduction de l’empreinte environnementale et cela a influé sur les produits et systèmes lors de ce BATIMAT 2019. Tous les acteurs du bâtiment s’organisent pour construire plus vert. En voici quelques exemples :
Les matériaux biosourcés
La dynamique d’une construction durable se traduit par une multiplication de l’emploi de matériaux biosourcés. Il existe une définition de la notion de matériau biosourcée. Il est expliqué que l’on peut calculer « le contenu biosourcé de tout produit de construction et de tout mobilier fixe incorporés dans un bâtiment à la date de son achèvement » à trois conditions. Tout d’abord, le produit possède une FDES (Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire), qui démontre que le matériau a fait l’objet d’une déclaration de ses impacts environnementaux. Deuxièmement, si le produit est soumis à l’étiquetage des produits de construction ou de revêtement de mur ou de sol et des peintures et vernis sur leurs émissions de polluants, le produit est classé A ou A+. Troisièmement, si celui-ci est composé de bois ou de dérivés du bois, il doit disposer de documents attestant la gestion durable des forêts dont il est issu. Cette définition est relativement précise. Biosourcé ne signifie pas naturel : la pierre sèche, la terre crue, les briques, les ardoises ne sont pas des matériaux biosourcés, bien qu’ils soient naturels. Celles les plus souvent citées sont le bois d’œuvre sous toutes ses formes (éléments de charpente, d’ossature, les panneaux CLT, le bois lamellé-collé, les bardages, les panneaux de contreventement, les parquets, lambris et menuiseries), la paille en tant qu’isolant thermique et acoustique et même en tant qu’éléments de structure, les fibres et laines de bois, le chanvre, le lin, la balle de riz ou de céréales diverses, le coton et le papier recyclé (ouate de cellulose) en tant qu’isolants thermiques et acoustiques, les bétons de chanvre, de bois, de lin, de miscanthus, de colza. Les peintures naturelles entièrement à base d’émulsions et d’huiles végétales se développent également. Côté isolation, l’Acermi certifie 7 matières : la laine de bois, les fibres de bois, le liège expansé, des produits « à base de matériaux d’origine animale ou végétale », la ouate de cellulose, le coton. Cependant, celle-ci ne fournit pas une vue complète des emplois possibles des solutions d’isolation thermique. Certaines marques ont choisi de passer par des Avis Techniques (Atec) ou des DTA (Document Technique d’Application). Tout ceci ne va pas faciliter la vie des utilisateurs de tous ces matériaux naturels, et contribue à la multiplication des normes et contraintes.
Déconstruction et recyclage
Autre étape dans la construction minimisant l’empreinte environnementale des bâtiments, le recyclage des déchets de chantiers se met peu à peu en place .
Des filières se créent sous l’impulsion des industriels pour recycler la laine de verre déposée, le PVC ou l’aluminium des profilés de fenêtres. Les producteurs de granulats développent des produits à partir de déchets de béton concassé, directement réutilisables pour refaire du béton.
Le réemploi de matériaux recyclés dans de nouveaux ouvrages bute toutefois sur des questions réglementaires et normatives. Du point de vue réglementaire, un matériau déposé est le plus souvent un déchet, et la réglementation ne permet pas de construire à l’aide de déchets. Construire en structure bois est une voie sûre vers le verdissement des bâtiments. Toutefois, le bois ne se prête pas à tous les ouvrages. Il ne convient pas, notamment, aux ouvrages enterrés. En revanche, la mixité des structures bois/béton, acier/bois, acier/béton, bois/béton/acier offre souvent des solutions originales, rapides et bien adaptées à toutes sortes d’ouvrages.

Même les fenêtres

A propos des fenêtres et façades, quatre tendances générales sont observables. Premièrement, le client final et l’architecte veulent maximiser le clair de jour des fenêtres et façades. Cette demande se traduit par un affinement des profilés des fenêtres et par une augmentation de leurs surfaces de vitrages. En ce qui concerne les façades, cette revendication aboutit à de nouveaux développements en vitrage extérieur collé (VEC) où même la colle est transparente. La seconde tendance observable est le développement croissant de l’intégration de multiples fonctions, dont le contrôle solaire, les protections solaires, la ventilation et l’éclairage architectural à base de LED, dans les façades. Les constructeurs développent simultanément de nouvelles solutions associant panneaux photovoltaïques et mini-stockages d’électricité pour rendre fenêtres et façades à la fois multifonctionnelles et autonomes, sans nécessiter de raccordement électrique. La troisième est la place de plus en plus importante du XXL. Enfin, plusieurs solutions verrières à forte isolation thermique se développent. Le verre occultant qui se teinte pour maximiser le contrôle solaire, est désormais proposé sur le marché français par plusieurs industriels.

Omniprésence du BIM

Reste enfin l’omniprésence du BIM (Building Information Modeling) depuis la conception jusqu’à la réalité augmentée pour faciliter la maintenance, en passant par la gestion des chantiers, il transforme peu à peu les métiers et les produits du bâtiment. Celui-ci s’est développé en conception, où il est désormais bien installé pour tous les chantiers auxquels participent simultanément des architectes, divers Bureaux d’Etudes. Dans la mesure où une maquette numérique est parfaitement renseignée, descendant jusqu’à la marque, au modèle précis et aux propriétés des produits, que chaque équipement technique est géolocalisé dans la maquette numérique, il devient possible d’utiliser cette maquette avec profit pour la maintenance et l’exploitation du bâtiment. Une application sur smartphone ou tablette reliée, est capable d’identifier où se trouve son porteur dans la maison. Elle peut afficher et localiser tous les équipements techniques et réseaux à cet endroit. Seulement, il y a un hic. En effet, pour les entreprises et les installateurs, c’est plus de temps passé, donc un surcoût. Tandis que pour l’exploitant, c’est un formidable booster de productivité. Enfin, à propos de la connectivité, le fait qu’un nombre croissant d’équipements techniques du bâtiment soient connectés et génèrent une masse de données sur leur fonctionnement, leurs consommations d’eau, d’énergie, le bruit qu’ils émettent, etc. doit contribuer au maintien de sa performance dans le temps.

Le Bricolage parent pauvre ?

l est vrai que ce salon très technique, très spécialisé sur les thématiques toujours plus dédiées à divers corps de métier n’a jamais été un paradis du bricolage. Ceci dit, il n’y a aucune matière à déception, puisque ce n’est pas son terrain d’élection. Le mondial du bâtiment est comme son nom l’indique dédié au bâtiment, à la construction. S’y sont greffées les plateformes Ideobain et Interclima dans la mesure où les demandes sur ce marché s’intègrent le plus souvent dans une démarche de construction de logement. Lorsque ce n’est pas le cas, l’installation souvent complexe ou très réglementée fait appel à des techniciens spécialisés. C’est donc un autre monde. Batimat n’est donc pas un salon de pur bricoleur, mais une plateforme de matériel, d’outillage, flirtant plutôt avec le professionnel. Il n’en demeure pas moins vrai que la frontière est souvent floue avec le bricoleur lourd de plus en plus averti. C’est pourquoi les GSB ne manquent pas d’y venir faire un tour, et qu’il existe aussi une offre poreuse entre ces deux frontières, lesquelles peuvent franchir aussi celles des produits dédiés à la grande distribution réservée aux consommateurs lambda.
Voilà donc ce que sera en gros le bâtiment du futur, et encore le manque de place nous interdit d’aller plus loin, tant le cahier des charges est riche, complexe, voire trop, et extrêmement contraignant, ne nous voilons pas la face. Les autorités ont fait très fort et mis la barre très haut. La profession va donc vivre une véritable révolution avec cette redoutable RGE 2020 comme elle n’en a jamais connu où se mêlent développement durable, respect de l’environnement, numérisation, technologie, et contraintes normatives toujours plus strictes. Tels sont les messages qu’ont fait voulu faire passer les organisateurs de cette édition 2019 du mondial du bâtiment. Il n’est plus question d’ergoter sur le nombre d’exposants, mais de faire mesurer aux visiteurs la taille des enjeux. A cet effet, ils ont parfaitement accompli leur mission.•