Fevad : Le e-commerce amortit la crise

Avec une progression de 5,3 % au deuxième trimestre 2020, le chiffre d’affaire du e-commerce en France freine sa croissance. Pourtant, il est davantage entré dans le quotidien des Français, durant cette période et a considérablement atténué les effets de la crise sanitaire pour de nombreuses entreprises.

«Nous avons gagné 2 à 3 ans dans la progression du e-commerce. » C’est ainsi que François Momboisse, Président de la Fevad, a commenté le bilan du e-commerce en France, au deuxième trimestre 2020, lors de sa présentation, le 15 septembre dernier, par la Fevad. Selon un panel de neuf plateformes de payement couvrant plus de 200 000 sites marchands, le montant des achats en ligne s’élève à 26 milliards d’euros, soit une croissance de 5,3 %. Dans un secteur habitué à une croissance dépassant les 10 % depuis 15 ans, ce chiffre peut apparaître comme un résultat négatif. Il est pourtant révélateur d’une accélération du e-commerce durant la crise économique et sanitaire que nous traversons. Selon la banque de France, l’ensemble du commerce de détail a perdu 12,9 % de son chiffre d’affaires, sur la même période. Bien qu’il ne représente, aujourd’hui, que 10 % de l’ensemble du commerce, le rôle d’amortisseur économique joué par le commerce en ligne est significatif.

François Momboisse,
Président de la Fevad

Un bilan hétérogène
« Le montant global des transactions a moins d’importance que leurs détails », ajoute François Momboisse. Le second trimestre 2020 n’est nullement comparable à celui de 2019 ni aux précédents. Au mois de mars 2020, le montant des transactions en ligne recule de 10,1 %, avant une reprise progressive avec 0,5 % de croissance en avril, puis de 7,3 % en mai.
Le panel ICE 100, rassemblant les 100 sites leaders du e-commerce en France, donne davantage de clefs de lecture. La vente de produits aux particuliers a augmenté de 45,7 %, alors que la vente de produits aux professionnels a baissé de 9,6 % et la vente de voyage a baissé de 75 %. Si la limitation des déplacements et la fermeture de nombreuse entreprise ont eu un lourd impact sur le marché, l’augmentation des ventes en ligne de produit pour les particuliers est sans précédent.

Le coup d’accélérateur du confinement
Confinés dans leur logement, les Français ont considérablement augmenté leur temps de connexion à internet. Au mois d’avril 2020 les Français se sont connectés à internet 3 heures par jour, en moyenne, selon Médiamétrie, soit 46 % de plus qu’en avril 2019. Le nombre de cyberacheteurs augmente d’un million par rapport à 2019 pour atteindre 41,1 millions. De plus, près d’un quart des cyberacheteurs déclarent avoir fait davantage d’achats en ligne qu’avant le confinement.
Outre la fermeture de nombreux magasins, les clients donnent plusieurs explications à cette tendance. 62 % d’entre eux ont vu le e-commerce comme un outil efficace pour éviter les contraintes, comme le port du masque dans les magasins. De plus, ils ont été 62 % à éviter de s’exposer aux risques sanitaires, c’est notamment le choix de 71 % des plus de 50 ans.
Si cette tendance est directement liée à la fermeture de nombreux magasins, près de la moitié d’entre eux commandent, toujours aujourd’hui, plus qu’avant le confinement. Ce taux atteint les 65 % chez les 15-34 ans.

La plus-value du phygital
La grande progression concerne l’activité de e-commerçant des enseignes disposant de magasins physiques. Durant la crise sanitaire, leur croissance est, en moyenne, quatre fois supérieure à celle des pure players, atteignant 126 % au mois de mai selon le panel ICE 100. Leurs utilisateurs y apprécient la possibilité de se faire conseiller en magasin avant de faire leurs achats, et celle de faire du clic&collect. 68 % des cyberacheteurs seraient même favorables à la création de sites marchands permettant d’acheter en ligne dans leur commerce de centre-ville.