L’habitat en Belgique, comment la nouvelle génération va-t-elle s’approprier ce secteur ?

Propos recueillis par Caroline Condroyer auprès de Thierry Coeman, Expert DIY retail (photo ci-dessus).

Suite à la dernière édition du salon belge de Courtrai, 3 processus de transformations, en lien avec l’aménagement de l’habitat belge, ont été annoncés. Tout d’abord, le rapprochement du DIY, du professionnel et de la construction; puis l’intégration du numérique dans les magasins ; et, enfin, une stratégie de vente qui passerait d’un modèle de transaction commerciale à celui basé sur le service.

L’univers de l’aménagement de l’habitat belge est donc en pleine mutation. Afin de répondre au mieux à ces nouveaux critères, nombreuses sont les entreprises qui poursuivent dans ce sens. Cette démarche passe d’abord par l’instauration de nouveaux business modèles. Parmi les initiatives mises en place, figure l’augmentation des services de locations de véhicules. Le sur-mesure sera lui aussi développé, tout comme la livraison à domicile. Pour arranger de la meilleure façon possible le client, les facilités de paiement incluront désormais le crédit. Les services de réparation et d’après-vente, seront quant, à eux améliorés. De quoi renforcer la concurrence et la compétitivité, surtout si l’on ajoute à cela, le e-commerce. Dans l’univers de l’aménagement de la maison, la Belgique se positionne comme un véritable laboratoire avec, entre autres, de nouveaux concepts et des valeurs sûres. Sans compter le numérique, ce marché représente 3 milliards d’euros. Plus en détails, trois groupements phares le composent : Hubo Group avec 31 % des parts du marché, Maxeda Belgique qui la devance avec 45% des PM et Gamma Belgique qui totalise 18 %. À eux seuls, ils représentent 35 % de l’univers total, hors GfK*. De leurs côtés, les indépendants enregistrent un chiffre d’affaires d’un peu plus d’un milliard d’euros et les pure players varient entre 400 et 450 millions d’euros. Cette année, le marché reste donc relativement stable.

L’univers du e-commerce et la construction
En Belgique, la pratique du DIY occupe encore une petite place dans le e-commerce. En effet, elle représente seulement 450 millions d’euros. Trois catégories caractérisent ce nouveau segment du marché en ligne : la mode, le tourisme et les loisirs. Cependant, il ne faut pas oublier le bricolage, qui représente 22 % de l’activité. En temps normal ce marché présente un énorme potentiel, et compte tenu de la situation sanitaire actuelle, il va sûrement connaître une évolution spectaculaire. Pour ce qui est de la construction, ce secteur se porte à merveille. Après le premier trimestre, une prévision d’une croissance de 3 % de son chiffre d’affaires était envisagée. À noter que cet univers est dirigé par un commerce de détail indépendant, ce qui représente 35 % du marché. Cette performance est rendue possible grâce aux franchisés, aux groupements d’achats et aux indépendants.

Le magasin du futur
A quoi ressemblera le magasin de demain ? Comment la nouvelle génération va-t-elle s’approprier cet univers ? Voici les problématiques qui reviennent assez souvent. Le principal objectif est de faciliter et d’améliorer le service client. Pour certains professionnels belges, les points de vente de bricolage deviendront hybrides avec la mise en place d’un Drive ou encore d’un Shop in Shop. Mais ce n’est pas tout, celui-ci devra également être multi-facettes que ce soit au niveau de son offre ou de sa conception, comme c’est le cas pour le magasin, qualifié d’avant-gardiste, Wara ; ou encore, Stock-Ath. Ces changements représentent un véritable défi, basé en deux temps. Tout d’abord, les points de vente devront harmoniser la fonctionnalité avec la commodité puis le lifestyle à la décoration. Au fur et à mesure que les années passent, le commerce digital s’impose de plus en plus. Dans les magasins du futur, celui-ci sera intégré à l’activité physique. Le futur, vu par cette nouvelle génération d’acteurs, est solidaire. Il sera orchestré par une interaction entre les distributeurs et les fournisseurs, avec une place centrale pour le commerce indépendant. Les codes du commerce du bricolage seront, pourquoi pas, réinventés.

*GfK ne couvre que partiellement l’univers complet. Certains groupements et beaucoup d’indépendants à part entière ne sont pas repris dans le pannel GfK. Toutefois ils sont tous compris dans l’estimation 3 milliards € de l’univers total.