Laurent Feneau : « Retour à l’essentiel »

A l’heure où nous bouclons ce numéro, toutes nos pensées vont vers vous. Nous vous espérons en bonne santé et souhaitons que vos entreprises et enseignes profitent pleinement de ces premières semaines de déconfinement. Nous le savons tous déjà, le retour à la normale n’est pas pour aujourd’hui et il faudra faire preuve d’autant de patience que de persévérance pour revenir aux taux d’activité de janvier et février.

D’autant que le bilan est lourd pour la plupart des professionnels du jardin et du bricolage. Il l’est tout particulièrement pour la filière du végétal pour laquelle la fermeture des points de vente et le confinement des consommateurs représentent une perte de plus d’un milliard d’euros. La plupart des segments du jardin sont impactés avec des entreprises affichant en moyenne une baisse d’activité comprise entre – 70 et – 60 % sur la première partie du mois d’avril. Les secteurs du bricolage et du négoce ne font pas mieux, la perte d’activité du secteur de la construction en comparaison à une période d’activité « normale » était de 89 % à fin mars… Fort heureusement, les enseignes de jardin et du bricolage ont pu rouvrir progressivement dès début avril. La réouverture des GSB, intervenue une semaine après celle des jardineries, a ainsi contribué à insuffler un peu d’oxygène aux différents acteurs des filières bricolage et jardin. Si Jardineries et GSB accueillent à nouveau le public, les consommateurs font encore toutefois preuve d’une certaine méfiance. Résultat, à fin avril, le marché du jardin n’était encore qu’à 50 % de son activité. Bref, la reprise ne pourra être que progressive. Elle dépendra avant tout de la levée des contraintes sanitaires, mais également et surtout des intentions d’achats des bricoleurs et jardiniers, autrement dit de l’état de la trésorerie des foyers français à court et moyen terme. En attendant d’y voir plus clair, il convient de tirer les leçons de cette crise sanitaire.
Car si celle-ci impacte de plein fouet nos marchés, elle se révèle également riche d’enseignements et de points positifs. Comment en effet ne pas se réjouir que les produits de jardin et de bricolage soient désormais officiellement reconnus comme des biens de première nécessité et qu’une GSB ou une jardinerie se révèle aussi importante qu’un point de vente alimentaire ? La crise sanitaire nous amène ainsi à porter un autre regard sur le jardinage et le bricolage. Le confinement – et même l’après-confinement – transforme ce qui étaient hier encore de simples hobbies et/ou loisirs en activités essentielles à l’équilibre du consommateur français. Enfin, si la covid 19 aura contribué à ériger bricolage et jardinage au rang des activités favorites et essentielles de chacun, il aura également largement contribué à accélérer la digitalisation des deux filières. Les outils numériques ont non seulement permis aux entreprises – via le télétravail – de poursuivre partiellement leurs activités, mais également et surtout de continuer à vendre. Heureux donc, celui qui avait en amont investi dans des plateformes on line performantes et joué la carte de l’omnicanal. Les autres sont désormais en train de mettre les bouchées doubles pour rattraper leur retard…
Quant à nous, que ce soit via nos supports papiers ou digitaux, nous nous efforçons plus que jamais de remplir notre mission : celle de vous informer en tissant un lien ténu, mais essentiel entre tous les acteurs de la profession. Déconfinement votre.